La course faisait 180,4 km, de Brossard à Montréal, gagnée en 04:45:09. Après l’arrivée, le jury a sanctionné deux coureuses pour la même raison : Demi Vollering et l’Autrichienne Katharina Sadnik, « prise d’une position ou d’un point d’appui non autorisé sur le vélo ». La faute exacte n’est pas précisée.
Le rapport du jury ne mentionne aucune autre infraction. Les deux coureuses repartent avec exactement le même paquet : 1000 francs suisses, un carton jaune et 25 points UCI en moins. Pour Vollering, 29 ans, la sanction arrive le jour même où elle a battu Katarzyna Niewiadoma au sprint, au terme d’une finale spectaculaire, pour devenir championne du monde.
Moi, ma position dans le Kwaremont, personne ne l’a jamais sanctionnée. Pourtant, avec le sac à dos, j’ai des positions que le règlement n’a pas imaginées : le menton sur la potence, les coudes vers l’extérieur, et une main sur le GSM pour vérifier le segment. Dans les pavés, j’ajoute une posture que j’appelle la chaise de jardin : tout le poids en arrière, le regard fixé sur le café du sommet. Si le jury passait le dimanche à neuf heures vingt, le club serait à découvert. Au tarif de Montréal, j’ai fait le calcul sur le parking : on vendait le quatrième vélo du garage, et peut-être le troisième. Ce qui me console, c’est que le rapport ne précise pas la faute. Chez nous non plus, personne ne sait exactement ce qu’on me reproche, mais on me le reproche quand même, au café. Je ne dis pas que je roule comme une championne du monde. Je dis que sur la question des positions, on peut discuter. Au café, on a comparé nos coudes jusqu’à midi.
Le règlement, lui, a au moins le mérite de la symétrie : même infraction, même sanction, pour la nouvelle championne du monde comme pour Sadnik. Xavier réclame la même justice au club depuis des années, sans jury ni carton, mais avec une jatte.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.







