Dylan Teuns arrête, à trente-quatre ans, après douze saisons. À la télévision, on va remontrer la Flèche wallonne, le Mur de Huy, Valverde derrière lui, et c’est normal, c’est sa plus belle victoire, il le dit lui-même. On remontrera aussi le Tour de Pologne, les deux étapes du Tour de France. Devant, je ne sais pas. Ce que je regarde, moi, c’est le jour d’après.
Le jour d’après, le 30 octobre, il est allé rouler. La veille, il arrête ; le lendemain, il roule. Comment ça s’est passé autour, je n’y étais pas, je ne vais pas vous le raconter. Chez nous, après la dernière saison, je me souviens surtout de ça : on cherche la voiture dans le rétroviseur, et il n’y a que la route. Le premier bidon que je me suis rempli tout seul, au robinet de la cuisine, c’était un drôle de bidon. Un bidon, ça se mérite, même celui-là.
Il a dit à Sporza qu’il avait encore des possibilités, mais plus au niveau qu’il visait, et que c’était dommage. On dit ça calmement, ces choses-là. Puis on passe à autre chose : « Maintenant, nous sommes en train de semer du blé d’hiver. »
Le blé d’hiver, je connais un peu, il y en a autour de Renaix. On le sème quand tout le monde regarde ailleurs, on le laisse sous la gelée, et personne ne le filme jusqu’en été. C’est un équipier, le blé d’hiver. Il travaille quand la caméra est partie.
Il a ajouté qu’il ne comptait pas faire beaucoup de travail manuel, en riant, et qu’il préférait tout faire le plus possible à la machine. Bon. De koers aussi, à la fin, on la finit sur le grand plateau quand on peut.
À la machine, d’accord. Mais quelqu’un graisse la chaîne, hein.
J’ai lu tout ça à la buvette d’un cross, une jatte entre les mains, la course déjà finie et les barrières qu’on démontait. Cent douzième du Ronde, dans les délais, et jamais un champ à moi. Lui en a un. J’ai repris un café.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.






