Le demi-fond fait rouler un coureur dans le sillage d’un entraîneur, sur une moto ou un vélo spécial, à une vitesse que les jambes seules ne tiennent pas. La discipline a quitté les Mondiaux après 1994, année du dernier titre de Carsten Poldesch. Le Championnat d’Europe a pris le relais, supprimé en 2024, revenu en 2025 avec une course féminine remportée par Romy Kasper. En 2027, deux maillots arc-en-ciel seront de nouveau en jeu, à Saint-Quentin-en-Yvelines : un titre masculin et, pour la première fois, un titre mondial féminin.
Rouler à l’abri de quelqu’un, toute ma carrière, c’était ça. Devant, il y avait un leader ou une moto, je ne sais pas, je n’ai jamais regardé devant. Le demi-fond, au moins, c’est honnête : on dit clairement qui tire, et qui reste dans la roue.
Rik trouve que trente-trois ans sans ce titre, c’est long pour un métier où on compte déjà tout en délais. Il se souvient d’avoir vu passer des stayers, autrefois, dans les critériums où on l’envoyait chercher des bidons ; il n’a jamais compris la mécanique exacte, seulement que l’un tirait et que l’autre suivait, et que ça lui parlait plus que n’importe quel sprint massif. Pour lui, le demi-fond, c’est le gruppetto retourné comme un gant : au lieu de calculer un délai, on calcule un abri.
Il note aussi que la discipline avait son propre calendrier, à côté, pendant que le grand monde regardait ailleurs. Un Championnat d’Europe qui disparaît une année, qui revient l’autre, une course féminine qui arrive enfin : Rik y voit une manière de dire que même les disciplines ont leurs années dans les délais, et leurs années où elles sont lâchées au pied de la côte.
On va enfin savoir qui est devant, dans cette discipline-là. Moi, je resterai derrière, par habitude.
Le fait est vrai, on a vérifié : DirectVelo.
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