Constat. Remco Evenepoel a remporté la course en ligne du championnat d’Europe devant Giulio Ciccone, après presque 200 kilomètres. Selon Sporza, 0,0028 seconde les séparait. La photo-finish a désigné Evenepoel. Je recopie le chiffre deux fois. Il ne change pas.
Le lendemain, Ciccone a écrit un long message sur Instagram. Je l’ai lu à la commune, entre deux cartes d’identité, avec le même sérieux. Premièrement, il qualifie Evenepoel de plus fort coureur de la course. « Remco était hier le coureur le plus fort de la course. Il a roulé comme un champion », écrit-il, selon WielerFlits. Je note. C’est un acte public de respect, et il est daté.
Deuxièmement, il dit avoir regardé les images disponibles des centaines de fois. Il précise que, le matin même, les commissaires et le personnel technique de la fédération italienne lui ont expliqué le fonctionnement de la photo-finish et les critères d’interprétation. Il ne demande pas une nouvelle explication. Je note qu’il a écouté l’explication avant de poser sa question. C’est l’ordre correct des opérations.
Troisièmement, la demande. « Je demande la photo-finish qui correspond exactement à la véritable ligne d’arrivée. Je veux voir sans contestation possible comment nos roues passent le point exact où le règlement situe l’arrivée », écrit-il, toujours selon WielerFlits. Je relis. Il ne demande pas un autre vainqueur. Il demande une pièce. Une pièce, cela se verse au dossier ou cela ne se verse pas.
Quatrièmement, il fixe lui-même le délai de clôture : si ces images confirment le résultat, il n’y aura plus rien à ajouter. Je n’ai jamais vu un coureur rédiger sa propre clause de clôture. Je la classe dans la farde, avec les chaussettes.
Je ne juge pas la photo. Je ne juge pas les collègues qui l’ont lue. Je juge la conformité de la demande.
Conforme.
Le point qu’il a placé seul au-dessus d’une photo sur Strava, selon Sporza, je ne le note pas. Un point n’est pas un article.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.






