Constat. Six coureurs belges sortent ensemble reconnaître le parcours des championnats du monde. Remco Evenepoel, Alec Segaert et Rune Herregodts sont sur leur vélo de contre-la-montre, l’épreuve se dispute dimanche à Montréal. Tiesj Benoot, Quinten Hermans et Maxim Van Gils roulent avec eux. Durée, environ trois heures. Moyenne, 36 kilomètres par heure. Benoot a mis la vidéo sur Strava.
Sur les images, le groupe s’arrête sur un chemin de gravier. Un cerf passe. Le groupe repart.
J’ai ouvert la farde. Premièrement, l’entraînement n’est pas une épreuve : pas de classement, pas de délai, pas de dossard à lire. Deuxièmement, le règlement prévoit beaucoup d’arrêts — le passage à niveau, la neutralisation, le véhicule de course, la voiture-balai — et il ne prévoit rien pour un animal en liberté sur un chemin de gravier. Troisièmement, l’ordre des opérations a été respecté : d’abord le cerf, ensuite la sortie.
On me demande si c’est un incident. Non. C’est un arrêt, et un arrêt est conforme tant qu’il a une raison. Celle-là traversait. Je note la durée, je note la moyenne, je note que personne n’a levé les bras. Ce que je ne note pas, c’est que j’ai regardé la vidéo deux fois, et la deuxième sans raison administrative.
Reste la question du kopman. Evenepoel est présenté comme le leader de la sélection ; le règlement ne connaît pas le mot, il connaît la colonne du classement, et une reconnaissance n’a pas de classement. Je classe donc la sortie en dehors de toute colonne, avec la mention qui convient : conforme.
Trois heures ensemble avant un chrono, c’est une sortie où personne ne calcule rien. Devant, je ne sais pas : là, il n’y avait pas de devant, il y avait un cerf et six gars qui attendent. De koers commence dimanche.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




