J’ai un maillot de leader de kermesse accroché dans la camionnette depuis septembre. Personne ne le réclame. Il sent le dégraissant.
À Guangxi, en 2024, Lionel Taminiaux a gagné la première étape. Le maillot reçu au podium, c’est le chauffeur du bus qui l’a pris. Il l’a porté toute la semaine. Par 35 °C à l’ombre, écrit la DH. Taminiaux a dit : « Il se sentait vraiment investi d’une mission et était extrêmement honoré d’être notre guide. »
Je ne discute pas l’honneur. Je discute le tissu. Un maillot de course, c’est fait pour un jour, une douche, une machine à trente degrés. Toute la semaine, par 35 °C à l’ombre. Est-ce qu’il y avait une machine dans le bus ? Personne ne le dit. Moi, je pose la question. Ça, c’est un problème de fibres, et il ne se règle pas.
Le reste, je l’ai lu avec la clé dans la main. Une bande de l’autoroute réservée aux véhicules de la course. Des boulevards de deux fois cinq bandes. Taminiaux dit que sur des chaussées aussi larges, il ne faut pas se battre pour le placement, et que le peloton est bien moins nerveux qu’en Europe. Moins nerveux, ça veut dire moins de freinages, moins de plaquettes. Je vois l’atelier d’ici, il s’ennuie.
Le chauffeur, c’est celui qui arrive le premier et repart le dernier. Le maillot, il l’a eu dans les délais.
Taminiaux y va pour la troisième fois. S’il regagne, j’aimerais juste savoir qui, dans le bus, fait tourner la machine. Je ne dis pas que le chauffeur devrait rendre le maillot. Je vais laver le mien, tiens, au cas où quelqu’un le voudrait.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.







