Eddy Merckx a raconté à RTBF ce qui s’était passé à Montréal en 1974, l’année de son troisième titre mondial. Le Français Bernard Thévenet s’était échappé seul pendant cent kilomètres, avant d’être repris à sept kilomètres de la ligne. Merckx avait ensuite battu Raymond Poulidor au sprint.
Cinquante-deux ans plus tard, Merckx revient dans la même ville pour donner ses pronostics. Il estime que la Belgique a environ 50% de chances de repartir avec l’or dimanche, et voit dans l’absence de Tadej Pogačar une bonne nouvelle pour les couleurs belges : si le Slovène avait été là, dit-il, la Belgique se serait battue pour l’argent. Ses deux atouts, ce sont Remco Evenepoel, tout juste sacré champion du monde du contre-la-montre dimanche dernier après un titre sur route en 2022 et une deuxième place l’année précédente, et Wout van Aert, deuxième du Mondial sur route à Imola en 2020 et récemment vainqueur de deux étapes et du classement par points à la Vuelta. Merckx cite aussi trois noms comme dangers pour la Belgique : Mathieu van der Poel, Paul Seixas et Isaac del Toro, récent vainqueur du GP de Montréal.
Il en tire une leçon pour dimanche : si un Belge se retrouve dans une échappée, il ne doit pas travailler, pour laisser toutes leurs chances à Evenepoel et Van Aert. « Si l’échappée prend beaucoup d’avance, elle sera difficile à reprendre », a-t-il ajouté.
Cent kilomètres tout seul, et repris à sept bornes de la ligne. Ça, c’est le gruppetto qui a raison depuis le début : devant, ça s’use. Un Belge dans l’échappée dimanche, s’il ne travaille pas, il fait exactement ce qu’on fait derrière depuis toujours : on regarde la montre, on ne pousse pas, et on laisse les autres se fatiguer. Cinquante pour cent de chances, il dit, Merckx. Moi je ne sais pas compter les chances de devant, je ne les ai jamais vues. Mais je sais reconnaître un coup qui ne tient pas cent kilomètres, et je sais qu’un bureau qui attend, ça finit toujours par manger l’échappée. Devant, je ne sais pas ce qui se passera dimanche. Derrière, je peux vous dire comment ça se termine d’habitude : par une reprise, et par un café.
Le fait est vrai, on a vérifié : Cyclingnews.






